Où jeter l’huile de friture usagée ? (particulier ou restaurant)

À retenir

  • Particulier ou restaurant : l’huile de friture usagée ne va ni dans l’évier ni dans les toilettes. Elle encrasse les canalisations, et le séparateur à graisses d’une cuisine ne la retient pas.
  • Chez vous, laissez-la refroidir, versez-la dans un bidon fermé et déposez-la au point de collecte indiqué par votre commune : déchèterie ou borne, selon les cas.
  • En restaurant, au-delà de 60 litres par an et par site, vous devez trier vos huiles à part pour les faire valoriser (article R543-226 du Code de l’environnement, arrêté du 12 juillet 2011).
  • Vous restez responsable de vos huiles jusqu’à leur valorisation finale, même après les avoir confiées à un collecteur (article L541-2 du Code de l’environnement).
  • Le collecteur vous remet chaque année, avant le 31 mars, une attestation des quantités collectées (article D543-226-2, réécrit en juin 2026).

Vous cherchez où jeter l’huile de friture ? La réponse dépend de votre situation. Un particulier dépose son huile dans un point de collecte. Un restaurant doit la trier et la confier à un collecteur, avec des preuves à garder. Si vous êtes professionnel et que vous voulez déléguer cette partie, voyez notre service de collecte d’huile de friture usagée. Les vidanges de friteuse vont souvent avec le dégraissage des équipements : c’est le rôle d’un contrat de sanitation (pack hygiène).

Pourquoi l’huile de friture ne va jamais dans l’évier

Verser l’huile dans l’évier semble pratique. C’est la pire solution, pour trois raisons.

  • Les canalisations s’encrassent. Les graisses s’accumulent en amas dans les tuyaux et les égouts. La Ville de Paris le rappelle aux restaurateurs dans sa brochure de 2025 : ces amas dégagent des odeurs d’œufs pourris et créent des risques d’asphyxie et d’explosion.
  • Les réparations coûtent cher. Toujours selon la même brochure, une mauvaise gestion des huiles entraîne des dégradations coûteuses des canalisations.
  • Le séparateur à graisses ne sert à rien contre l’huile. En cuisine professionnelle, le séparateur retient les eaux grasses : eaux de plonge, de cuisson, de lave-vaisselle. Il ne retient pas les huiles de friture. Elles doivent être collectées à part, dans un bidon.

Pour un professionnel, ce n’est pas qu’une question de bon sens. Les règles de rejet dans les égouts sont fixées par le règlement d’assainissement de votre collectivité. À Paris, la brochure de la Ville rappelle que le rejet des huiles usagées à l’égout est strictement interdit et que le règlement d’assainissement prévoit des pénalités. Renseignez-vous auprès du service assainissement de votre commune ou de votre intercommunalité.

Particulier : où jeter l’huile de friture usagée ?

Pour un ménage, la démarche tient en trois gestes.

  1. Laissez refroidir l’huile. Ne manipulez jamais une huile chaude.
  2. Versez-la dans un contenant fermé. Une bouteille en plastique vide avec son bouchon convient. Un entonnoir évite les coulures.
  3. Déposez-la au bon endroit. Selon les communes, ce sera la déchèterie ou une borne de collecte. La liste des déchets acceptés varie d’une collectivité à l’autre : consultez son site ou le règlement de votre déchèterie.

Vous pouvez stocker plusieurs vidanges dans la même bouteille avant de vous déplacer. Gardez-le fermé, à l’abri, hors de portée des enfants.

Bon à savoir : les obligations de tri décrites plus bas ne visent pas les ménages. L’article R543-225 du Code de l’environnement les exclut expressément. Cela ne vous autorise pas pour autant à verser l’huile dans l’évier.

Restaurant : ce que dit le Code de l’environnement

Pour un professionnel, l’huile de friture usagée est un déchet. Le Code de l’environnement la classe parmi les biodéchets, avec un régime à part. Voici les obligations, article par article.

ObligationCe que dit le texteRéférence
Trier les huiles à la sourceLes producteurs d’une « quantité importante » de déchets d’huiles alimentaires doivent les trier à la source en vue de leur valorisation matière ou énergétique.Article R543-226 du Code de l’environnement
Seuil de « quantité importante »60 litres par an depuis le 1er janvier 2016. Le seuil s’apprécie site par site, établissement par établissement.Article 2 de l’arrêté du 12 juillet 2011 ; article R543-225 du Code de l’environnement
Ne pas mélangerLes biodéchets triés à la source ne sont pas mélangés avec d’autres déchets.Article L541-21-1 du Code de l’environnement
Confier à un acteur autoriséVous valorisez vous-même, ou vous confiez vos déchets à une installation de valorisation ou à un collecteur. Vous devez vérifier qu’il est autorisé à les prendre en charge.Articles D543-226-1 et L541-2 du Code de l’environnement
Rester responsableVous êtes responsable de vos déchets jusqu’à leur valorisation finale, même après les avoir confiés à un tiers.Article L541-2 du Code de l’environnement
Recevoir une attestationLe collecteur ou l’installation vous remet chaque année, avant le 31 mars, une attestation : quantités en tonnes, nature des déchets, destination de valorisation finale.Article D543-226-2 du Code de l’environnement (décret n° 2026-435 du 2 juin 2026)
Tenir un registreLes établissements qui produisent des déchets tiennent un registre chronologique de leur production et de leur expédition, conservé au moins trois ans.Article R541-43 du Code de l’environnement

Pour vos autres déchets alimentaires (épluchures, restes d’assiettes), la règle a changé le 31 décembre 2023. Depuis cette date, le tri à la source des biodéchets s’applique à tous les producteurs, sans seuil (articles L541-21-1 et R543-226 du Code de l’environnement). Les huiles gardent leur propre seuil de 60 litres.

Le seuil de 60 litres : êtes-vous concerné ?

Soixante litres par an, c’est peu. Faites le calcul avec vos propres chiffres : contenance de vos cuves multipliée par le nombre de vidanges dans l’année.

Un exemple simple : une seule cuve de 10 litres vidangée une fois par mois représente déjà 120 litres par an. Le seuil est dépassé. La plupart des restaurants qui font de la friture tous les jours sont donc concernés.

Deux précisions issues de l’article R543-225 :

  • Le seuil se calcule par site. Si vous avez trois établissements, chacun est apprécié séparément.
  • Le seuil vise les déchets d’huiles, c’est-à-dire l’huile usagée que vous jetez. Pas l’huile neuve achetée.

Votre volume est sous le seuil ? Ne versez pas l’huile à l’égout pour autant. Les règles d’assainissement de votre commune continuent de s’appliquer.

Choisir un collecteur et garder les preuves

Le Code de l’environnement fait de vous le premier responsable. Si votre huile finit dans une filière illégale, c’est vous qu’on interroge. Voici ce qu’il faut vérifier et conserver.

Avant de signer

  • Demandez au collecteur de justifier de son autorisation pour la collecte et le transport de déchets. L’article L541-2 vous impose de vous en assurer.
  • Demandez la destination finale de vos huiles. L’attestation annuelle devra l’indiquer.
  • Vérifiez le contenant fourni, la fréquence de passage et le document remis à chaque enlèvement.

Au quotidien

  • Conservez chaque bon ou bordereau d’enlèvement. Il alimente votre registre chronologique des déchets (article R541-43).
  • Rangez l’attestation annuelle reçue avant le 31 mars avec ces bons.
  • Gardez le tout au moins trois ans.

Ces documents servent aussi face au service assainissement. À Paris, par exemple, les restaurants envoient une fois par an au service de l’assainissement les bordereaux d’enlèvement des huiles usagées. Ils prouvent ainsi qu’ils n’ont pas rejeté leurs graisses à l’égout. Votre collectivité peut avoir des règles proches : demandez-lui.

En cuisine : stocker l’huile en attendant la collecte

Entre deux passages du collecteur, l’huile usagée reste chez vous. Quelques réflexes simples évitent les accidents et les mélanges.

  • Un bidon réservé à l’huile. N’y mettez ni eaux grasses, ni restes alimentaires, ni produits de nettoyage. La loi interdit de mélanger des biodéchets triés avec d’autres déchets.
  • Toujours refroidie. Vidangez la friteuse une fois l’huile froide.
  • Fermé et identifié. Un bidon bouché, étiqueté, rangé hors des zones de préparation.
  • Un sol propre. Essuyez immédiatement les coulures. Une huile répandue rend le sol glissant.

Huile de friture et eaux grasses : deux circuits différents

On confond souvent les deux. Ce sont pourtant deux déchets distincts.

  • L’huile de friture part dans un bidon, enlevé par un collecteur.
  • Les eaux grasses (plonge, lave-vaisselle, siphons de sol) passent par le séparateur à graisses. Celui-ci doit être vidangé et curé aussi souvent que nécessaire.

Vider l’huile dans le bac de plonge sature le séparateur, sans qu’il la retienne. Le réseau en aval en subit les conséquences.

Questions fréquentes

Peut-on jeter l’huile de friture à la poubelle ?

Pour un restaurant au-delà de 60 litres par an, non : les huiles doivent être triées à la source en vue de leur valorisation (article R543-226 du Code de l’environnement). Pour un particulier, la solution recommandée reste le point de collecte de votre commune. Consultez ses consignes de tri.

Que faire de l’huile de friture usagée en petite quantité ?

Laissez-la refroidir et versez-la dans une bouteille fermée. Stockez les vidanges successives dans ce même contenant. Apportez-le au point de collecte quand il est plein.

Un snack qui fait peu de friture est-il concerné ?

Oui, dès 60 litres d’huile usagée par an et par site. Une cuve de 10 litres vidangée chaque mois atteint déjà 120 litres. Faites votre calcul à partir de vos vidanges réelles.

Le collecteur doit-il me remettre un document ?

Oui. Il vous délivre chaque année, avant le 31 mars, une attestation des quantités collectées l’année précédente, de leur nature et de leur destination (article D543-226-2 du Code de l’environnement). Gardez aussi les bons d’enlèvement pour votre registre.

Le séparateur à graisses suffit-il pour l’huile de friture ?

Non. Il retient les eaux grasses, pas les huiles de friture. Celles-ci doivent être collectées à part, dans un bidon, par un prestataire spécialisé.

Sources

  • Code de l’environnement, articles L541-1-1 (définition des biodéchets), L541-2, L541-21-1, R541-43, R543-225 et R543-226 (base LEGI de la DILA)
  • Code de l’environnement, articles D543-226-1 et D543-226-2, dans leur rédaction issue du décret n° 2026-435 du 2 juin 2026 portant diverses dispositions relatives à la sortie du statut de déchet, aux sous-produits et au tri des biodéchets
  • Arrêté du 12 juillet 2011 fixant les seuils définis à l’article R. 543-225 du code de l’environnement, article 2 (NOR : DEVP1109656A)
  • Ville de Paris, « Que faire des huiles alimentaires usagées et des eaux grasses ? », brochure à destination des restaurateurs, octobre 2025 : cdn.paris.fr
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